Des résolutions à l’action

La nouvelle 2013 se profile au coin du sapin, c’est la saison des bonnes résolutions.
Entre bûche et galette des rois, chacun fait le bilan de son année et résout de faire mieux l’année prochaine.

C’est le cas de Laetitia. Elle a 36 ans et n’a pas vraiment fait de sport depuis des années. Elle a bien essayé de s’y remettre plusieurs fois (piscine, salle de sport) mais ce n’est vraiment pas son truc. Alors elle s’accroche pendant un mois ou deux, et puis elle laisse tomber. Mais cette fois, c’est décidé : elle va réussir ! Elle ne sait pas encore par quel miracle, mais elle y croit…

Idem pour Sylvain : c’est un gentil qui se laisse un peu trop faire par ses amis, sa femme, ses enfants, ses collègues. Depuis qu’il est tout petit, il ne sait pas dire non… alors il dit oui. Il a déjà essayé de changer, mais ça s’est mal passé : il a commencé par être agressif avant de capituler. Cette fois, il aimerait bien y arriver.

Ou encore Aurélie qui travaille trop, qui n’a plus de vie de famille, plus de loisirs, plus de temps pour elle. Son objectif : travailler moins ! C’est un peu vague, mais ça rassure son mari de l’entendre dire ça : il fait semblant d’y croire, comme l’an dernier. Aurélie aussi.

Comme chaque année, nos amis se motivent pour tenir leurs résolutions. Ils les clament haut et fort devant leurs amis, leur famille. Ils y croient ! Pourtant, dans quelques semaines à peine, ils seront retombés dans leurs habitudes. Ils n’auront pas réussi le changement espéré.

Utiliser le coaching pour définir ce qu'on veut, et se donner les moyens de réussirPourquoi on ne tient pas la plupart de ses résolutions ?

En fait, très peu de gens réussissent à concrétiser leurs bonnes résolutions, et pas seulement celles de la nouvelle année. C’est qu’il ne suffit pas de vouloir pour y arriver.
En général, les résolutions que l’on prend portent sur des choses qu’on n’arrive pas à faire naturellement. Il s’agit de créer une nouvelle habitude pour remplacer l’ancienne.

Or, la grande force des habitudes, c’est qu’on les fait par automatisme : on ne réfléchit pas quand on les fait, c’est géré par notre cerveau en dehors de notre champ de conscience (voir cet article sur la façon dont se créent les automatismes).

Dès lors, pour tenir une bonne résolution, c’est un vrai travail sur soi qu’il faut faire, un apprentissage. Cela demande de l’implication, de la discipline et un peu de méthode.

Comment réussir ?

Voici une bonne méthode pour augmenter vos chances de réussite, illustrée à chaque étape par un exemple avec la résolution d’Aurélie la travaillomane.

1- Fixez-vous un objectif précis et réaliste.

« Travailler moins » est un objectif trop vague. « Travailler 35h par semaine » n’est pas forcément réaliste pour quelqu’un qui fait régulièrement beaucoup d’heures. Un objectif acceptable pourrait être « Quitter à 17h tous les vendredis » ou « Partir du travail à 18h maximum ».

NB : Viser trop haut est un excellent moyen d’échouer : on se décourage, on s’épuise, et on laisse tomber. Souvent il vaut mieux commencer petit, et se fixer un nouvel objectif une fois que le premier est atteint. On se place alors dans une dynamique de réussite.

2- Identifiez la carotte qui vous fera avancer : qu’est-ce que vous allez gagner à atteindre cet objectif ?

C’est une étape cruciale : même si les bénéfices de votre résolution vous semblent évidents, prenez le temps d’y réfléchir et de creuser un peu. Votre motivation en dépend !

D’emblée, on peut imaginer que l’avantage pour Aurélie de travailler moins serait d’être plus reposée, plus sereine, de trouver du temps pour un loisir qu’elle aime.

En creusant un peu, on pourrait trouver d’autres motivations comme :

  • améliorer sa santé,
  • se sentir plus en maîtrise de sa vie,
  • avoir une meilleure image d’elle-même en tant que mère parce que plus disponible et plus patiente avec ses enfants…
Les trois dernières motivations sont plus profondes que les premières, et donneront une motivation bien plus importante

3- Repérez les ennemis : quels sont les freins, les obstacles sur votre route, les inconvénients pour vous à atteindre l’objectif ?

Soyons réaliste : des obstacles, des freins, des inconvénients, il y en aura forcément… sinon vous n’auriez pas besoin de faire un effort pour faire ce que vous avez résolu ! Il est nécessaire d’en prendre conscience et de vous y préparer.

Quelques obstacles qu’Aurélie pourrait rencontrer : une charge de travail incompressible, une tendance au perfectionnisme, un manque d’organisation qui lui ferait perdre du temps, un problème de fonctionnement dans son service, des collègues chronophages.
Les inconvénients qu’Aurélie pourrait trouver à atteindre son objectif : être moins appréciée par ses supérieurs qui jugent le travail au nombre d’heures de présence, ne pas savoir quoi faire du temps libéré, ou encore se retrouver plus souvent en tête-à-tête avec son conjoint qu’elle fuit inconsciemment (je vous jure que ça arrive !)

4- Rameutez les amis : quelles sont les ressources personnelles, les moyens, les personnes dont vous allez avoir besoin ?

Vous n’êtes pas un cowboy solitaire. Faites-vous aider !

Ce dont Aurélie va avoir besoin : ce peut être du courage, de l’organisation, la capacité à dire non, de la discipline, l’aide d’un collègue, le soutien de son mari, une formation, etc.

5- Donnez-vous rendez-vous : à quelle date aurez-vous atteint cet objectif ?

Sans deadline, on a tendance à repousser les efforts au lendemain.

Aurélie se donne 2 mois pour atteindre cet objectif (et elle l’écrit ! ).

6- Préparez le chemin : définissez le plan d’actions, traitant les obstacles et les inconvénients.

Il y a presque autant de plans d’actions possibles que d’individus sur cette terre. Définissez le vôtre.

Un exemple de plan d’actions : mesurer sur quelques semaines le temps passé à chaque tâche, identifier celles qui peuvent être simplifiées, réduites ou supprimées, baisser le niveau d’exigence sur certaines (loi des 80/20), déléguer, faire une formation à la gestion du temps, apprendre à dire non (à son chef et à ses collègues), passer moins de temps à la machine à café, expliquer gentiment à Clara qu’elle lui pompe tout son temps…

7- Mettez-vous en route : décidez d’une première action, même toute petite, immédiatement réalisable… et faites-la !

Un chemin se parcourt pas après pas. Profitez de votre motivation actuelle pour faire le premier pas, qui en entraînera un autre, puis un autre…

Le premier pas d’Aurélie : prendre un agenda pour noter ce qu’elle fait au fur et à mesure et évaluer le temps passé à chaque tâche.

Et le deuxième pas pourrait être de prendre un coach qui l’aiderait à apprendre à dire non, à baisser son niveau d’exigence vis-à-vis d’elle même et à donner moins de poids au jugement des autres. 😉

 

Et vous, que voulez-vous changer cette année ?

Dites-moi quels sont vos objectifs pour cette année, ou les résolutions que vous n’avez jamais tenues. Exprimez-vous dans les commentaires ci-dessous.

9 commentaires

  1. Ma philosophie tient en une phrase : « Aides-toi et le Ciel t’aidera »… Chacun possède son destin entre ses mains et attend un peu trop des autres. C’est lié à notre mode de vie ultra-protégé (voire assité) qui nous protège depuis 40 ou 50 ans : pas de risque de guerre, on est assuré pour la santé, la voiture, le travail, le téléphone, la perte de notre CB …. si on se goure dans un achat sur Amazon, on a le droit de se rétracter, etc ….
    Les fonctionnaires sont détestés mais tout le monde aimerai bien l’être quand même !
    La notion de prise de risque a quasiment disparue de notre existence…. il s’agit donc simplement de se mettre un peu en danger : l’humain n’est jamais aussi « beau » et « fort » que lorsqu’il est en danger. Il est alors capable de se dépasser, de tous les exploits !!!

    1. Bonjour,

      J’ai un peu de mal à faire le lien entre mon article et votre commentaire, mais ce n’est pas bien grave.

      Je ne vous suis pas sur l’apologie de la mise en danger : les personnes précaires sont, de fait, en danger, et cela ne les rend ni plus beaux ni plus forts.

      Tout est une question de personnalité, et de capacité de résilience. Certains seront galvanisés par le danger et la prise de risques, et pour d’autres la même situation se révélera totalement paralysante.
      Il faut d’ailleurs un minimum de sécurité intérieure pour être capable de résilience…

      L’être humain est plein de nuances, c’est ce qui fait sa complexité… et sa richesse 😉

  2. […] Résolution 2013 : rester calme le matin quand je m’occupe de mes enfants ! Ecrit par Emilie Laermans le 13/01/2013 Je vous ai donné dans un précédent article ma méthode pour réussir mes résolutions. […]

  3. […] vrai que la méthode que je vous suggère pour réussir vos résolutions ressemble à des méthodes d’efficacité utilisées dans le monde professionnel. Rien […]

  4. J’aime beaucoup votre site

  5. Génial! Merci pour cet article.

  6. Merci
    c’est vraiment magnifique

  7. Je découvre ce site avec amusement. j’adore le ton de l’article.

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